Frise chronologique
1586
Fondation de la confrérie
Fondation de la confrérie
1586 (≈ 1586)
Création par Pompée Catilina pour secourir prisonniers.
1591
Acquisition de la chapelle
Acquisition de la chapelle
1591 (≈ 1591)
Les Pénitents noirs deviennent propriétaires de Notre-Dame de Fenouillet.
1617
Privilège de la Délivrance
Privilège de la Délivrance
1617 (≈ 1617)
Droit annuel de grâce pour un condamné à mort.
1739
Rénovation de la façade
Rénovation de la façade
1739 (≈ 1739)
Travaux dirigés par Jean-Baptiste Franque après la mort de Lainée.
1906
Classement Monument historique
Classement Monument historique
1906 (≈ 1906)
Protection officielle de la chapelle et de son décor.
1983
Renaissance de la confrérie
Renaissance de la confrérie
1983 (≈ 1983)
Reprise des activités par l’association Saint-Jean-Baptiste.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Chapelle des Pénitents Noirs de la Miséricorde : classement par arrêté du 25 octobre 1906
Personnages clés
| Pompée Catilina - Fondateur de la confrérie |
Militaire italien, initiateur des Pénitents noirs en 1586. |
| Thomas Lainée - Architecte |
Conçut la façade en 1739, mort avant son achèvement. |
| Jean-Baptiste Franque - Architecte |
Acheva les travaux de Lainée, façade considérée comme chef-d’œuvre. |
| Nicolas Mignard - Peintre |
Auteur du *Christ mourant* et de plusieurs toiles majeures. |
| Pierre Bondon - Sculpteur |
Réalisa la gloire en ronde-bosse de la façade. |
| Pierre Courtois - Peintre |
Auteur du plafond *Apothéose de saint Jean-Baptiste* (1739). |
Origine et histoire
La chapelle des Pénitents noirs d’Avignon, située rue de la Banasterie, fut édifiée pour abriter une confrérie fondée en 1586 par Pompée Catilina, un militaire italien envoyé par Rome. Initialement installée dans la chapelle de l’Hôpital Notre-Dame de Fenouillet, la confrérie, nommée Pénitents noirs de la Miséricorde, avait pour mission d’assister les prisonniers et les condamnés à mort. Son premier recteur, Catilina, mourut en 1615 et fut inhumé dans la collégiale Saint-Agricol, où son tombeau, sculpté par Simone Bartolacci, subsiste encore.
Entre 1591 et le XVIIe siècle, la confrérie acquit et transforma la chapelle, y ajoutant une sacristie (1620) et une anti-chapelle (1631). Les travaux de décoration se multiplièrent, avec des boiseries richement ouvragées et des toiles commandées aux grands peintres avignonnais. Au début du XVIIIe siècle, sous l’impulsion du recteur Manne, la chapelle fut embellie par l’architecte Thomas Lainée, puis par Jean-Baptiste Franque après sa mort soudaine en 1739. La façade, considérée comme un chef-d’œuvre, et le plafond orné d’une Apothéose de saint Jean-Baptiste (1739) par Pierre Courtois en témoignent.
La confrérie bénéficiait de privilèges exceptionnels, comme la Cérémonie de la Délivrance : dès 1596, elle obtenait chaque année la grâce d’un condamné à mort, mené en procession jusqu’à la chapelle, vêtu de rouge et couronné d’olivier. Richelieu y participa durant son exil avignonnais (1618–1619). La Révolution mit fin à ces pratiques, mais la confrérie, dissoute en 1948, renaît en 1983. Aujourd’hui, la chapelle, classée en 1906, conserve des œuvres majeures de Nicolas Mignard, Reynaud Levieux ou Pierre Parrocel, malgré les dispersions révolutionnaires.
L’intérieur, structuré autour de la Passion du Christ et de la vie de saint Jean-Baptiste (vocable de la confrérie), alterne grandes toiles cintrées et médaillons circulaires. Parmi les pièces remarquables figurent un Christ mourant de Nicolas Mignard, un retable de Domenico Borboni, et des tableaux comme La Visitation (1648) ou L’Assomption de la Vierge. Le plafond, restauré, et la façade sculptée par Pierre Bondon (glorifiant la décollation de saint Jean-Baptiste) illustrent l’apogée artistique de la confrérie.
Depuis 1983, la chapelle est confiée à l’association Saint-Jean-Baptiste, dont les offices sont célébrés par des prêtres de la Fraternité Saint-Pie-X. Propriété communale, elle reste un témoignage unique des confréries pénitentes avignonnaises, dont seules les Pénitents gris et noirs subsistent aujourd’hui. Son architecture et son décor, préservés malgré les vicissitudes historiques, en font un monument emblématique du baroque provençal.